Mythes sur les thermopompes : performance, bruit et hiver expliqués

Les thermopompes sont de plus en plus présentes au Québec, mais elles restent entourées d’idées reçues. Certaines viennent d’anciens systèmes moins adaptés au froid, d’autres d’expériences liées à une installation mal dimensionnée ou à des réglages inappropriés. Résultat : on entend parfois que les thermopompes “ne chauffent pas l’hiver”, qu’elles “font beaucoup de bruit” ou qu’elles “coûtent trop cher à entretenir”. Ce guide démêle le vrai du faux, avec une approche pratique, pour vous aider à comprendre ce qui influence réellement la performance, le confort et la fiabilité en climat québécois.

Résumé des points clés

  • Les thermopompes modernes peuvent chauffer efficacement en hiver, mais leur performance dépend du modèle, du dimensionnement et des conditions du bâtiment.
  • Les plaintes de “faible chaleur” viennent souvent d’un débit d’air insuffisant, d’un réglage inadéquat ou d’une isolation faible, pas uniquement de l’appareil.
  • Le bruit n’est pas inévitable : emplacement, supports et entretien influencent fortement la perception sonore.
  • Le givre sur l’unité extérieure est souvent normal en chauffage, tant que le dégivrage fonctionne correctement et que l’unité est bien dégagée.
  • Une thermopompe n’est pas “sans entretien”, mais l’entretien régulier est généralement simple et vise surtout à préserver le débit d’air et l’échange thermique.
  • La seule façon fiable d’éviter les déceptions est une installation professionnelle avec dimensionnement et configuration adaptés à la maison.
  • Une thermopompe peut fonctionner seule ou en complément d’un autre mode de chauffage selon l’habitation et la gestion des pointes de froid.

Pourquoi autant de mythes circulent au Québec ?

Le Québec cumule plusieurs facteurs qui alimentent les idées reçues : hivers rigoureux, maisons très variées (du condo récent à la maison ancienne), et habitudes de chauffage parfois héritées de systèmes électriques ou au combustible. Quand une thermopompe est installée dans une maison qui perd beaucoup de chaleur, ou quand elle est mal positionnée, les résultats peuvent décevoir. Ces déceptions se transforment ensuite en “règles” racontées comme des vérités générales.

Avant d’entrer dans les mythes, gardez cette idée : la thermopompe fait partie d’un ensemble. Performance, confort et bruit dépendent autant de l’habitation et de l’installation que de l’appareil.

Mythe 1 : “Une thermopompe ne chauffe pas quand il fait très froid”

Réalité : elle chauffe, mais la capacité varie et la maison compte beaucoup

Une thermopompe transfère la chaleur de l’air extérieur vers l’intérieur. Même en hiver, il y a de la chaleur disponible dans l’air, mais à mesure que la température extérieure baisse, la thermopompe doit travailler plus fort, et sa capacité peut diminuer selon le type d’équipement.

Ce mythe devient vrai surtout dans deux situations :

  • l’équipement n’est pas adapté aux conditions hivernales de l’endroit,
  • la maison demande plus de chaleur que le système ne peut fournir (pertes élevées, mauvais dimensionnement).

Dans la pratique, une thermopompe bien choisie et bien installée peut maintenir un confort stable une grande partie de l’hiver. Lors des pointes de froid, certains foyers utilisent un chauffage d’appoint, selon la configuration du système et la stratégie de confort.

Ce qui influence réellement la performance en hiver

  • Isolation et étanchéité de la maison (portes, fenêtres, combles, sous-sol).
  • Dimensionnement adapté (capacité cohérente avec les besoins).
  • Circulation d’air et distribution (retours d’air, grilles, équilibrage).
  • Dégagement et élévation de l’unité extérieure (neige, glace, air).
  • Réglages du thermostat (stabilité, consigne raisonnable).

Après cette liste, retenez le point le plus important : si la maison est difficile à chauffer, aucun système ne “sauvera” le confort sans une approche globale. La thermopompe peut être performante, mais elle ne compense pas indéfiniment les pertes de chaleur.

Mythe 2 : “Une thermopompe givre, donc elle est en panne”

Réalité : le givre est fréquent, c’est le dégivrage qui compte

En mode chauffage, l’unité extérieure peut accumuler du givre. C’est un phénomène normal quand l’air est froid et humide. Les thermopompes sont conçues pour gérer cela grâce à des cycles de dégivrage (l’appareil inverse temporairement son fonctionnement pour retirer le givre).

Ce qui devrait vous alerter, ce n’est pas “voir du givre”, mais plutôt :

  • givre très épais qui persiste longtemps,
  • baisse de chaleur notable à l’intérieur,
  • dégivrage très fréquent avec confort instable,
  • accumulation de glace au sol qui bloque l’air ou gêne l’évacuation d’eau.

Après ces signaux, un rappel utile : l’emplacement joue un rôle majeur. Une unité trop basse, mal dégagée ou exposée à la neige soufflée peut givrer davantage et dégivrer moins efficacement.

Mythe 3 : “Les thermopompes sont bruyantes”

Réalité : le bruit dépend surtout de l’installation, de l’emplacement et de l’entretien

Le bruit est l’un des mythes les plus persistants. Or, un système peut être perçu comme “bruyant” pour des raisons qui ne sont pas intrinsèques à la thermopompe :

  • unité extérieure installée près d’une chambre, d’une fenêtre ou d’un mur résonnant,
  • supports inadéquats qui transmettent des vibrations,
  • débris, encrassement ou pièce desserrée qui change le bruit dans le temps.

Avant la liste, retenez que le bruit se gère beaucoup par la planification.

  • Choisir un emplacement qui évite les zones sensibles (chambres, bureau).
  • Prévoir des supports stables, adaptés, avec contrôle des vibrations.
  • Garder un dégagement suffisant autour de l’unité extérieure.
  • Vérifier l’unité si un bruit apparaît soudainement (ce n’est pas “normal”).

Après ces points, une règle simple : un bruit qui change est un signal. Ça mérite une inspection, plutôt que d’être accepté comme une fatalité.

Mythe 4 : “Une thermopompe assèche trop l’air en hiver”

Réalité : c’est souvent le chauffage lui-même qui réduit l’humidité relative

En hiver, l’air extérieur est naturellement sec. Quand on le réchauffe, son humidité relative baisse, ce qui peut donner une sensation d’air sec. Beaucoup attribuent cela à la thermopompe, alors que le même effet se produit avec d’autres systèmes de chauffage.

Ce qui aggrave la sensation d’air sec :

  • surchauffe (température trop élevée),
  • ventilation ou échanges d’air importants,
  • manque de contrôle de l’humidité (selon la maison).

Une approche plus confortable consiste souvent à stabiliser la température, éviter la surchauffe et surveiller l’humidité intérieure, plutôt que de blâmer la thermopompe.

Mythe 5 : “Une thermopompe n’a pas besoin d’entretien”

Réalité : l’entretien est simple, mais essentiel pour garder la performance

Une thermopompe n’est pas “sans entretien”. Elle a besoin d’un minimum de soins pour préserver :

  • le débit d’air,
  • la qualité de l’échange thermique,
  • la sécurité et la fiabilité.

Avant la liste, l’objectif n’est pas de faire des interventions techniques, mais de garder le système propre et dégagé.

  • Nettoyer ou vérifier les filtres selon l’usage.
  • Garder les retours d’air et les bouches dégagés.
  • Dégager l’unité extérieure (feuilles, glace, neige, débris).
  • Surveiller l’écoulement de l’eau de dégivrage (pour éviter la glace au sol).
  • Faire planifier une inspection périodique par un technicien certifié.

Après ces gestes, la différence est souvent visible : confort plus stable, cycles moins “agressifs”, et réduction des problèmes liés à l’encrassement.

Mythe 6 : “La thermopompe remplace toujours 100 % du chauffage”

Réalité : ça dépend de la maison, du système et des pointes de froid

Dans certaines habitations, la thermopompe peut couvrir l’essentiel des besoins. Dans d’autres, surtout quand la maison perd beaucoup de chaleur ou lors de froids intenses, un appoint peut être prévu selon la conception du système.

Ce point n’est pas un défaut. C’est une question de stratégie de confort et de gestion des pointes. Le plus important est d’avoir un système dimensionné et réglé de façon cohérente, et une maison qui limite les pertes.

Tableau – Mythes vs réalités (résumé rapide)

Mythe Réalité Le bon réflexe
“Ça ne chauffe pas l’hiver” La capacité varie, mais la performance peut rester solide Dimensionnement + enveloppe + réglages
“Givre = panne” Givre fréquent, dégivrage normal Vérifier dégagement, cycle et confort
“C’est bruyant” Installation et vibrations comptent beaucoup Emplacement + support + entretien
“Ça assèche l’air” Effet lié au chauffage de l’air froid Stabiliser consigne, surveiller humidité
“Pas d’entretien” Entretien simple mais nécessaire Filtres, dégagement, inspection périodique
“Ça remplace toujours tout” Dépend du bâtiment et des pointes Prévoir stratégie d’appoint si nécessaire

Bons réflexes pour éviter les mauvaises expériences

Les mythes se confirment souvent quand l’expérience utilisateur est mauvaise. Heureusement, les causes sont généralement évitables.

  • Assurer un dimensionnement basé sur les besoins réels (pas à l’estime).
  • Choisir un emplacement extérieur dégagé, surélevé, avec gestion de la neige.
  • Éviter les consignes extrêmes et privilégier une température stable.
  • Maintenir une circulation d’air correcte (filtres, retours d’air, grilles).
  • Faire intervenir un technicien certifié dès qu’un symptôme nouveau apparaît.

Après ces conseils, retenez une conclusion pratique : une thermopompe performante est souvent une thermopompe bien installée, dans une maison qui conserve sa chaleur, et entretenue avec régularité.

Conclusion

Les mythes sur les thermopompes au Québec viennent surtout d’expériences anciennes, de systèmes mal adaptés ou de mauvaises conditions d’installation. En réalité, la performance en hiver dépend d’un ensemble de facteurs concrets : dimensionnement, enveloppe du bâtiment, circulation d’air, emplacement extérieur et entretien. Le givre est généralement normal, le bruit se gère beaucoup par l’emplacement, et l’entretien est simple mais essentiel. Avec un accompagnement professionnel, la thermopompe devient une solution fiable pour améliorer le confort à l’année, même dans notre climat.

Pour une recommandation adaptée à votre habitation et une installation conforme aux meilleures pratiques, vous pouvez consulter les spécialistes de Daikin Québec.

Questions fréquentes sur les mythes des thermopompes

Est-ce normal que ma thermopompe fasse des cycles de dégivrage ?

Oui. En chauffage, le dégivrage est un fonctionnement normal selon la température et l’humidité extérieure. Ce qui compte, c’est que le confort reste stable et que le givre ne s’accumule pas de façon anormale.

Pourquoi ma maison semble moins chaude lors d’un grand froid ?

Parce que les pertes de chaleur augmentent fortement quand il fait très froid. L’isolation, l’étanchéité et la circulation d’air deviennent déterminantes.

Comment savoir si le bruit est normal ?

S’il est stable et modéré, c’est souvent normal. S’il change, devient plus fort ou apparaît soudainement, faites vérifier l’unité et ses supports.

Une thermopompe peut-elle fonctionner seule toute l’année ?

Parfois oui, parfois non. Ça dépend de l’habitation, du système et des pointes de froid. Un technicien peut valider la meilleure stratégie.

Quel entretien est le plus important au quotidien ?

Le filtre (si accessible), le dégagement des retours d’air et le maintien d’une unité extérieure libre de débris et de neige.